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Igor Galligo

Igor Galligo a reçu initialement une formation en sciences humaines aboutissant à l’obtention de trois masters : en philosophie contemporaine et en esthétique à l’université Paris 1 Sorbonne, et en sciences politiques à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il donna une direction différente à son travail en découvrant la peinture abstraite, dont la pratique artistique devint prépondérante sur ses activités théoriques et impulsa un nouveau développement à sa réflexion. Ce dialogue entre poïétique et theoria le conduisit à réaliser un quatrième master au sein du département d’Arts et Sciences de l’art de l’université Paris 1.

Depuis la fin 2012, il développe sa réflexion sur les sujets de "dispositifs ambiantaux" et de dissémination de l’attention, sous la direction de Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou. En 2013, il rejoint le programme de recherche Dispositifs Interactifs et Performatifs de l’EnsadLab, dirigé par Samuel Bianchini. Il est également membre associé du GERPHAU, site de recherche de l’UMR MCC/CNRS – LAVUE (Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement), et membre d’Ars Industrialis, association dirigée par Bernard Stiegler visant à penser une politique industrielle des technologies de l’esprit. Depuis octobre 2013, il est enseignant en philosophie et sémiotique du design à l’École de Condé.

En 2013, Igor Galligo termine l’édition d’un ouvrage collectif réunissant des contributions artistiques et scientifiques sur le thème des dispositifs artistiques et des interactions situées. Depuis novembre 2013, il dirige avec Bernard Stiegler au Centre Pompidou un séminaire de recherche international et pluridisciplinaire sur la thématique de l’Ecologie de l’attention. En avril 2014, sur une orientation artistique de cette thématique de recherche, il coordonnera un séminaire aux côtés d’Yves Citton, destiné aux étudiants du master Curatorial Critical Cybermedia de la Haute Ecole d’Arts et de Design de Genève. Pour le printemps 2014, il projette d’organiser un colloque à l’ENSAD sur le sujet des ‘dispositifs ambiantaux’.

Sa production artistique et design se concentre principalement sur la réalisation d’installations lumineuses expérimentales. La photographie, la vidéo expérimentale, la musique électronique et la peinture sont également des media qu’il utilise. En automne 2013, il reçoit une commande en design-lumière de la SARL Batofar pour le réaménagement lumière de la partie extérieure de ce nightclub parisien. Depuis novembre 2013, un partenariat de recherche et création entre l’ENSAD et l’Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles de la ville de Paris est en cours de réalisation pour la production d’un dispositif lumineux en lien avec ses recherches sur la dissémination de l’attention.

Description et enjeux de la recherche
Mes activités croisent un travail de recherche et de production artistique et scientifique. Celles-ci portent sur les dispositifs et effets de disséminations attentionnels et sémantiques produits par les flux lumineux et sonores diffusés dans nos environnements.

Nous vivons désormais dans des dispositifs environnementaux dans lesquels nous sommes immergés (supermarché, aéroport, gare, métro) ou dans lesquels nous nous immergeons par plaisir (night-club, bar à ambiance). D’une attention concentrée sur un seul élément et régie par une attention profonde, nous avons développé des formes attentionnelles distribuées et disséminées, suscitant également une attention cénesthésique (l’attention à la sensation générale interne de notre corps). Ces nouveaux dispositifs ambiantaux forment une nouvelle sensorialité ainsi qu’une nouvelle sensibilité qui transforment nos capacités cognitives, notre relation au monde, à autrui et à nos vécus. L’esthétique devient esthésique au sens où elle est de plus en plus fondamentalement liée au sentir sous toutes ses formes, y compris les plus informes, laissant alors apparaître une nouvelle détermination de l’abstraction.

A travers le concept de dispositif, mes recherches prennent une dimension politique considérant alors les concepts de bio-pouvoir et de psycho-pouvoir élaborés par Michel Foucault, Giorgio Agamben et Bernard Stiegler. Dans quels jeux de pouvoir sont pris les sujets de l’attention disséminée ? Quelles conséquences la dissémination de l’attention a-t-elle sur les facultés de la conscience et de constitution du sens chez les sujets concernés ?
Cette réflexion engage la responsabilité de l’artiste et du designer, qui en tant qu’analyste d’un fait esthétique, dont il pourra moraliser les effets politiques, est aussi un créateur de dispositifs, ainsi susceptible de provoquer d’autres effets, dont il devra tout autant penser la portée et l’efficacité politique.