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Marie-Julie Bourgeois

Après avoir étudié la communication visuelle, Marie-julie Bourgeois a travaillé dans l’audio-visuel en tant que Directrice Artistique. En 2008, elle obtient le Mastère spécialisé création en nouveaux médias de l’ENSCI dans lequel elle amorce une recherche plastique utilisant les technologies numériques. Elle développe des dispositifs interactifs sur les enjeux de la télé-présence, où l’objet caméra envahit notre quotidien.

L’installation Tempo (cartographie du ciel en temps réel) a été exposée à la « Nuit Blanche 2008 », dans le cadre du festival « Némo », au festival « SIANA » à Evry puis au Brésil. Le projet Extension du Vide (Caméra virtuelle comportementale) a été présenté dans le cadre de « Futur en Seine » au Pavillon de l’arsenal et au festival « PIKSEL » en Norvège ainsi qu’à « Ososphère 2011 ». En 2009, elle obtient une bourse de créateur numérique de la fondation Jean-Luc Lagardère pour Distorsion parallèle (interface de manipulation temporelle) projet qu’elle développe au sein du cycle de recherche DRii à l’EnsadLab. En 2011 elle obtient un Master 2 recherche à Paris 8 en Art contemporain et nouveaux médias avec un mémoire sur L’interactivité partagée dans les installations artistiques multi-spectateurs in situ dirigé par Jean-Louis Boissier, sujet qu’elle prolonge en thèse à l’école Doctorale esthétique, science et technologie des Arts à Paris 8.

Recherches

Qu’y a-t-il à voir derrière le spectre « visible » ? Si la lumière, en tant que matière et médium, nous permet de voir et d’être vu, comment peut-elle faire l’objet d’opérations qui transforment notre manière de voir et d’agir ? La plupart de nos appareils de vision, naturels et artificiels, sont dépendants de la lumière. Mes recherches portent alors sur les activités humaines, physiques et perceptives, prises entre lumière et “machine de vision”. Ces deux éléments sont mis en œuvre dans la plupart de mes dispositifs interactifs, qu’ils soient automatiques ou en interaction avec le public.

Dans Tempo, la lumière naturelle du soleil est captée par des webcams puis retransmise et virtualisée dans une composition organisée géographiquement. Cette installation nous donne à voir différents fragments de ciel en temps réel et inverse la vision de ces machines surveillantes. Extension du Vide représente l’ombre d’une caméra de surveillance absente. L’aura de ces « extensions de notre vision », qui prolifèrent à chaque coins de rue, est rendue par une lumière artificielle qui suggère la présence d’un objet à caractère vivant. Nous sommes virtuellement traqués par cette forme interactive. Extension Parallèle est une interface de distorsion audio-lumineuse basée sur des coordonnées géolocalisées qui recrée la course du soleil. Dans ces installations je m’interroge sur la manipulation du temps ainsi que notre comportement face aux technologies, aux avancées scientifiques et climatiques.

Différents types de caméras arrivent sur le marché de la surveillance, comme les caméras infra rouge et thermiques qui permettent d’observer dans des conditions météorologiques dégradées (nuit, pluie, brouillard, neige…). Au sein du cycle de recherche de l’EnsadLab je m’intéresse à ces technologies de vision augmenté.

Thèse

L’interactivité en public, de la présence à la coopération dans les installations artistiques multi-utilisateurs in situ

Dans les installations artistiques situées proposant une interaction avec plusieurs spectateurs, le partage de l’interactivité entre les spectateurs co-présents dans l’œuvre pose de nombreuses questions. Si un spectateur peut entrer en interaction avec le dispositif, il est aussi en contact et même en inter-relation avec d’autres spectateurs. Dès lors, comment un individu, par sa simple présence ou par son action plus ou moins intentionnée, s’implique-t-il dans une activité collective, et comment cette pratique s’inscrit-elle dans l’espace public en le transformant voire en le constituant pour faire œuvre ? L’intention d’implication du public dans le dispositif interactif peut être nulle, de faible à forte, mais elle peut aussi être involontaire. Elle dépend principalement des inter-relations entre les spectateurs avant et pendant l’expérimentation, de l’espace d’interaction, de la densité, de l’intention artistique placé dans le dispositif et des règles du "jeu". Les dispositifs de captation, de détection, d’identification du public sont développés par l’industrie de la surveillance et de la sécurité, leur utilisation comporte un sens implicite dont l’artiste doit s’emparer. Les modalités d’action et de captation impliquent une participation qui peut être volontaire ou involontaire et varie selon différents degrés ; de la simple présence et la coopération active. Ces questionnements pratiques et théoriques touchent aux fondements conceptuels concernant l’engagement du public dans le processus artistique et dans l’œuvre et ravivent des problématiques artistiques historiques. La récurrence de ces problématiques soulèvent des enjeux d’actualités. Quels sont donc les possibilités et les limites esthétiques, conceptuelles et socio-techniques, de ces dispositifs interactifs multi-utilisateurs dans l’espace public ?

- mariejuliebourgeois(at)live.fr
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