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Tomek Jarolim

De ces études en informatique à l’IUT, Tomek Jarolim garde un goût prononcé pour la logique du codage qu’il développe à l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, où il obtient le DNSEP avec les félicitations du jury en 2009. Il y crée notamment des installations interactives et sonores telles que la série des Espaces de Silence et Shout ! qui interrogent sur la présence du corps dans l’espace et renvoient directement au spectateur son statut de regardeur. En 2008, Tomek Jarolim transpose son univers numérique et coloré pour la scénographie de Shades of White, conçu sur une chorégraphie de Bruno Péré pour le festival « Les Affluents » du Ballet Preljocaj. La même année, il part au School of the Art Institute de Chicago, où il se concentre principalement sur un travail sonore. En découle une pièce intitulée Ut Queant Laxis, dont un extrait, C, est chorégraphié par Beth Jucovy pour le festival « Innovation in Dance » à New York. En 2009, il expose Invisibles, une installation générative sur écrans, à la 14e Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée et à l’exposition « Tout Doit Apparaître », qui lui permettront d’engager un nouvel axe de travail plus sensoriel. Il continue de développer cette piste pour une adaptation de l’opéra Ring-Saga d’après Wagner dans une mise-en-scène d’Antoine Gindt prévue pour 2011.

Recherches

Au sein du programme Drii du Cycle de Recherche, Création et Innovation de l’Ensad, mes recherches s’orientent vers les sources de lumières « traditionnelles », notamment avec l’éclairage LED. L’enjeu consiste à manipuler de la lumière réelle pour réitérer des expériences d’images sensibles, mais surtout pour les pousser plus loin dans l’expérience perceptive. Ces recherches sont davantage liées au phénomène de perception que de la composition, ou de l’esthétique, bien qu’elles prennent en compte tout un aspect physique de la couleur, de l’intensité, de la durée d’exposition etc.

Mon choix porte principalement sur la LED, parce qu’elle est non seulement une source de lumière de plus en plus présente dans le quotidien, mais aussi le médium privilégié de l’image (écrans, panneaux, éclairage, scénographie etc.). S’interroger sur ce support, c’est essayer de comprendre si cette forme de lumière en plein essor n’est pas aussi vecteur d’un autre type d’image, d’interaction.

Les recherches visent à développer une corrélation entre les différents types d’éclairages et la perception de l’image associée. Outre l’aspect de pilotage par divers dispositifs (mécaniques, électroniques ou informatiques), c’est concrètement sur la sensation que je souhaite poser les questions quant au concept de lumière interactive. Que produit la lumière sur le corps ? Crée-t-elle une autre forme dans l’esprit ? Ces recherches porte sur une question d’interaction perceptive : la lumière comme information cognitive, capable d’avoir pour réponse un état au-delà de la sensation vécue, mais intellectuellement évocateur pour le spectateur.

- tomek.jarolim[at]gmail.com
- Site web : http://www.tomek.fr

Invisibles, 2009

Shades of White, avec Bruno Péré, 2008
(Photo © Jean-Claude Carbone)