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Axe 3 – Lumière Interactive

Alexandre Saunier, Helmetron, dispositif de lumière interactive,
festival Eniarof, Aix-en-Provence, novembre 2013
Photo : Manuel Braun

 
 

Le “multimédia” a longtemps été considéré comme la conjugaison de l’image, du son et du texte suivant des modalités interactives. Aujourd’hui, la lumière apparaît de plus en plus comme un média à associer à ces derniers et à mettre en œuvre dans les dispositifs interactifs : elle peut être envisagée comme une, LA nouvelle dimension des médias interactifs en devenir. Si cette convergence a toujours été présente dans la constitution même de l’image (photographie, projection), elle trouve une nouvelle dynamique à travers des technologies, en particulier les leds, qui sont employées aussi bien pour l’affichage que pour l’éclairage, ou encore d’autres techniques, tel le laser.
Jusqu’ici, la lumière n’a été que très peu envisagée dans une relation directe aux dispositifs interactifs les plus évolués, c’est-à-dire dans une relation opératoire avec ses espaces de diffusion et ce qui les habite : en premier lieu, les corps et leurs actions.
Si les éclairagistes disposent de jeux d’orgues perfectionnés, ils contrôlent généralement les lumières de l’extérieur de la scène et de façon séquencée. Quant aux plasticiens qui ont tenté une approche interactive de la lumière avec la projection vidéo, ils savent que celle-ci permet un contrôle optimum, mais ne présente aucune qualité comparable à des sources de lumière “traditionnelle” (tungstènes, fluos, halogènes, lampes à décharges type HMI, leds, …).

Nullement en opposition, les approches respectives de l’image et de la lumière doivent s’enrichir mutuellement : comment imaginer des modalités d’écriture interactive de l’image pour et avec de la lumière ? Comment repenser l’image non plus en tant que plan mais comme un espace, un volume dont il faut alors reconsidérer les périmètres et les modalités de contrôle et de transformation ?
Loin de ses seules capacités de projection bidimensionnelle, sur des surfaces planes, et grâce à sa faculté de diffusion, sa plasticité, la lumière doit ainsi être envisagée avec toutes ses qualités spatiales, selon tout son potentiel immersif. Cette approche spatiale et corporelle de la lumière, tel un matériau tangible à travailler, doit s’accompagner d’un investissement sur sa dimension interactive, sur des dispositifs qui permettront sa corrélation active, en temps réel, avec les corps qui la fréquentent et les lieux de sa présence : la scène, l’exposition, l’habitat, aussi bien que l’espace urbain.
 
 

Projet Fermez les Yeux
Installation interactive, 2010
Tomek Jarolim