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Fenêtre Augmentée

Une fenêtre interactive sur le paysage comme protocole curatorial
Projet conçu et dirigé par Thierry Fournier

Centre Pompidou, Paris, 2011
Fort Lagarde, Prats-de-Mollo, 2012
Friche La Belle de Mai / Panorama, Marseille, 2013

www.fenetre-augmentee.net

Artistes et auteurs

Christelle Bakhache et Clément Feger (chercheurs en sciences sociales), David Beytelmann (historien et philosophe), Christine Breton (conservatrice du patrimoine), Pierre Carniaux (réalisateur), Jean Cristofol (philosophe), Céline Flécheux (philosophe et historienne de l’art), Benjamin Laurent Aman, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Grégory Chatonsky, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Simon Hitziger, Marie Husson, Tomek Jarolim, François Parra, Jean-François Robardet, Marcos Serrano et Antoine Schmitt (artistes)

Equipe de création

- Conception et curatoriat : Thierry Fournier
- Accompagnement curatoriat : Jean-François Robardet
- Ingénierie : Jean-Baptiste Droulers
- Programmation installation : Mathieu Chamagne
- Programmation IOS et Android : Olivier Guillerminet, Jonathan Tanant, Henry Bernard
- Programmation streaming : Thomas Lucas
- Construction : Grégoire Chombard
- Équipe de recherche sur interface en 2011 : Christelle Bakhache, Grégory Diguet, Jean-Baptiste Droulers, Clément Feger, Thierry Fournier, Tomek Jarolim, Jean-François Robardet, Marcos Serrano.
- Recherche et développement : Pandore Production
- Diffusion et production : Bipolar, Grégory Diguet
- Production tablettes et éditions 2014 : Illusion et Macadam, Mathieu Argaud

Production

- Région Languedoc-Roussillon (lauréat appel à projets Culture et TIC), Pandore Production, Région Ile de France (Futur en Seine 2011), en partenariat avec le Medialab Sciences Po
- Zinc, Marseille Provence 2013, Friche la Belle de Mai, Le Silo - Ville de Marseille, avec le soutien de Höfn et de Hôtel du Nord
- Prototype co-développé en 2011 dans le cadre du Laboratoire de recherche EnsadLab (ENSAD), programme Diip, axe Surfaces Sensibles. Artistes et étudiants-chercheurs : Marie-Julie Bourgeois, Tomek Jarolim, Marcos Serrano.
- Production déléguée : Pandore Production

Une fenêtre interactive sur un paysage comme protocole d’exposition collective

Une caméra filme en temps réel un point de vue sur un paysage choisi. Plusieurs artistes et auteurs sont invités à proposer des œuvres prenant cette vue pour point de départ : vidéos, œuvres interactives, dessins... Les œuvres sont ensuite positionnées sur la vidéo du paysage, diffusée en direct sur un grand écran tactile. Les spectateurs parcourent cette « fenêtre » du toucher, dans la profondeur de l’image, pour les découvrir.

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Fenêtre augmentée, Marseille, juin 2013

La vue sur un paysage constitue à la fois le sujet et le support de l’exposition ; le terme augmentée qualifie ici la cohabitation entre les œuvres, autour d’une perspective commune. La démarche du projet réside simultanément dans son protocole de travail avec un site, des artistes et un dispositif spécifique, ainsi que dans l’installation qui constitue l’exposition. Enfin, Fenêtre augmentée est une série itinérante : chaque paysage donne lieu à de nouvelles invitations et créations. Trois expositions ont déjà eu lieu : Centre Pompidou (Paris) en 2011 ; Prats-de-Mollo (Pyrénées Orientales) en 2012 ; Friche la Belle de Mai (Marseille) en 2013. Deux autres expositions sont envisagées, respectivement à Collioure et à la Panacée (Montpellier).

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Les trois cadres des expositions Fenêtre augmentée : Paris 2011, Prats 2012, Marseille 2013.

 

Artistes et auteurs

L’objectif du projet a d’emblée été d’inviter simultanément des auteurs (philosophes, critiques, chercheurs) et des artistes. Depuis 2011, vingt personnes ont créé des œuvres dans le cadre de ce projet : Christelle Bakhache et Clément Feger (chercheurs en sciences sociales), David Beytelmann (historien et philosophe), Christine Breton (conservatrice du patrimoine), Pierre Carniaux (réalisateur), Jean Cristofol (philosophe), Céline Flécheux (philosophe et historienne de l’art), Benjamin Laurent Aman, Ivan Argote, Marie-Julie Bourgeois, Grégory Chatonsky, Juliette Fontaine, Thierry Fournier, Simon Hitziger, Marie Husson, Tomek Jarolim, François Parra, Jean-François Robardet, Marcos Serrano et Antoine Schmitt (artistes).

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Exposition Fenêtre augmentée, Centre Pompidou, Paris 2011.
Ces derniers présentent des pratiques extrêmement diverses (œuvres numériques, dessin, photographie, vidéo...) mais tous présentent au cœur de leur travail une adresse aux enjeux qui se tissent entre individu, espace et communauté. La co-présence de leurs démarches s’exerce dès les résidences : quelques jours partagés sur place qui ouvrent à une rencontre du lieu, des autres invités, de l’équipe du projet (aussi bien artistique que technique) et des interlocuteurs locaux du projet. Il ne s’agit donc pas en premier lieu d’aborder le paysage – et avec lui la suprématie du regard que ce terme évoque – mais d’éprouver physiquement un territoire et ses situations.

Chacun propose ensuite non seulement une lecture et une interprétation de ce lieu à travers l’image de la fenêtre – mais aussi son propre positionnement et le degré de distance qu’il choisira d’instaurer entre le spectateur, l’écran, le paysage et le territoire lui-même. La diversité des pratiques des artistes et auteurs accompagne concrètement ces choix : certaines œuvres travaillent strictement à la surface, d’autres dans une relation active avec le geste ou la position du spectateur, d’autres interrogent le support lui-même (écran - caméra) ou son positionnement vis-à-vis de l’espace, d’autres encore approchent le lieu à travers une démarche plus documentaire.

 

Recherche au sein de l’axe Diip / Surfaces sensibles : exposition et interaction

le projet Fenêtre Augmentée a donné lieu à une collaboration en 2011 avec Ensadlab sur le projet, avec 3 étudiants-chercheurs (Marie-Julie Bourgeois, Tomek Jarolim et Marcos Serrano), invités ensuite à participer aux expositions en tant qu’artistes.

La recherche menée au sein de Surfaces Sensibles a porté sur l’ensemble de la conception et du design d’interaction du projet. Elle était articulée avec un groupe de recherche plus large, dirigé par Thierry Fournier et incluant le Medialab Sciences Po, plusieurs auteurs et développeurs. Quel dispositif peut à la fois proposer des modalités d’échange et de collaboration entre artistes sur un même paysage, tout en restituant ensuite leurs œuvres sur une même vue ? Quel protocole collaboratif peut être implémenté pour des artistes intervenant sur le même paysage ? Quelle est la pertinence d’un système de géolocalisation vis-à-vis d’une représentation finale plane ? Quelles modalités d’interactions peuvent être proposés aux visiteurs pour découvrie et expériemner des œuvres sur un paysage? Comment naviguer dans ce paysage en proposant des codes distincts des vocabulaires imposés par Google, tout en s’adressant à des publics non informés ?

L’atelier s’est déroulé de octobre 2010 à mai 2011. Il a donné lieu à une collaboration intensive entre les trois étudiant-e-s chercheur-euses d’EnsadLab, le développeur principal du projet (Mathieu Chamagne), Thierry Fournier et des intervenants ponctuels issus du groupe de recherche extérieur. La première exposition Fenêtre augmentée au Centre Pompidou en juin 2011, dans le cadre du festival Futur en Seine, a permis de tester l’ensemble de ces hypothèses dans une situation intense d’expérimentation avec le public (700 visiteurs actifs par jour), qui était documentée et reportée par 4 médiateurs missionnés spécialement pour l’exposition.

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Le groupe de travail EnsadLab, Paris, 2011.

 

Édition interactive sur tablettes

À l’automne 2013, les deux dernières expositions Fenêtre augmentée (Prats-de-Mollo et Marseille) sont éditées sur iPad, simultanément avec ce catalogue. Elles deviennent donc consultables à distance, leur paysage étant vu en streaming. Dans la version en installation (à laquelle la tablette ne se substitue pas), une tension est instaurée entre le paysage réel et l’écran, qui s’exerce selon des degrés divers en fontion des lieux : à Paris, l’écran était installé à l’endroit de la vue elle-même ; à Prats-de-Mollo, caméra et écran sont distants mais partagent le même environnement proche ; à Marseille, l’écran est réellement dissocié de la caméra et propose une vision à distance, qui convoque davantage une dimension de webcam.

La version sur tablettes accentue cette tension de par le temps réel de l’image ; elle la déploie et la renouvelle, en situation de mobilité. Le paysage qui constitue le support des œuvres est perçu à très grande distance mais en direct ; elles se retrouvent localisées selon une nouvelle modalité. La tablette introduit une dimension temporelle dans ce rapport de représentation entre caméra et écran, territoire et œuvres, spectateur et paysage. Elle propose, à distance, une réactualisation permanente de leurs enjeux.

 

Flatland, catalogue numérique sur iPad

Catalogue numérique consacré au projet Fenêtre augmentée, Flatland résulte d’un dialogue et une étroite collaboration entre Thierry Fournier, J. Emil Sennewald, critique d’art et journaliste et Stanislas Schoirfer, développeur. D’emblée, le projet de catalogue a été pensé spécifiquement sur tablette. Ce choix résulte certes de la logique même du projet Fenêtre augmentée et de son médium, mais aussi et surtout de la volonté d’explorer ce que le support tablette apporte spécifiquement à une démarche critique : au-delà de la simple mobilité, en quoi les pratiques qu’il suscite permettent de créer de nouvelles relations de sens.

Pour cette raison, les auteurs ont mené conjointement la direction éditoriale du projet, son design interactif et son design graphique, utilisant notamment pour la première fois la fonte inédite Bartok créée par Sarah Kremer, qui est déclinée dans l’ensemble de l’ouvrage.

La publication de Flatland est concommitente de l’édition par Pandore Edition de Fenêtre augmentée sur iPad, en tant qu’application autonome (expositions de Prats de Mollo 2012 et Marseille 2013). Cette double publication permet de faire l’expérience d’un dialogue permanent, sur le même support iPad, entre le catalogue et l’expérience des œuvres. Flatland se concentre donc plutôt sur les aspects critiques et transversaux du projet.

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Les écrans d’accueil des applications sur iPad Flatland et Fenêtre augmentée.